Yélato Silué (Entraîneur) : « Je suis le sélectionneur qu’il faut aux Éléphants »

Candidat à la succession de Michel Dussuyer, Yélato Silué estime que son heure a sonné après deux candidatures malheureuses. L’ancien entraîneur du SC Gagnoa (Ligue 1 ivoirienne), de Sony Ela Nguema (Ligue 1 équato-guinéenne) ou encore  du Gomido FC de Kpalimé (Ligue 1 togolaise), affirme être le technicien qu’il faut pour relancer une sélection ivoirienne qui sort d’une CAN 2017 catastrophique.

 

Coach, vous avez déjà échoué à deux reprises à prendre en main les Eléphants. Cette année vous êtes encore candidat. Qu’est-ce qui a motivé cette nouvelle candidature de votre part ?

Il n’y a pas de motivation particulière. Je suis un technicien ivoirien qui répond simplement à un appel à candidature lancé par la Fédération ivoirienne de football. Je sais que mon pays a besoin de moi. Par élan de patriotisme, j’ai sauté sur l’appel lancé par la fédération pour me comporter candidat. C’est avec une ambition légitime que j’ai répondu à l’appel à candidature lancé par la FIF.

A combien de pourcentage évaluez-vous vos chances de succès ?

Je ne peux pas m’hasarder à faire de pronostic. Mais quand tu regardes l’effectif de notre équipe nationale, on remarque rapidement que la quasi-totalité des jeunes sont issus de notre championnat. Ce sont des joueurs qui sont donc très proches des réalités ivoiriennes. Et j’ai relevé cela dans mon projet. Pour diriger ces jeunes, il faut un technicien qui maîtrise à la perfection les réalités du pays. C’est un facteur que nos décideurs doivent prendre en compte. Quand on a des techniciens de notre trempe dans le pays, il ne sert à rien d’aller chercher des entraineurs européens qui sont déconnectés de nos réalités. Quel discours ceux-là peuvent tenir à ces jeunes ? On ne va pas encore donner l’occasion à des gens de se faire une carte de visite sur notre dos !

Hormis ce facteur de la proximité et de la connaissance des réalités locales, qu’est-ce que pouvez-vous apporter de plus à cette sélection ivoirienne ?

Ma grosse, grosse expérience. Yelato Silué, c’est un vécu, c’est une grosse expérience et une certaine expertise. Cela fait 26 ans que je suis entraineur. J’ai bourlingué sur pratiquement tous les stades de Côte d’Ivoire et d’Afrique.

 

« Il ne sert à rien d’aller chercher des entraîneurs européens qui sont déconnectés de nos réalités »

 

Mais l’équipe nationale de Côte d’Ivoire, c’est un autre niveau…

J’ai largement le niveau dont vous évoquez. Je ne me sens pas inférieur aux techniciens occidentaux. Je ne suis pas un simple entraineur de football. Je suis un fonctionnaire des travaux publics. J’ai abandonné l’administration ivoirienne où j’ai travaillé pendant seize ans, pour me consacrer au football et au métier d’entraineur par pure passion. Je suis donc un intellectuel qui a quelque chose à revendre. J’ai dirigé des hommes. Aujourd’hui, je suis un homme de terrain aguerri. Je sais comment tirer le maximum d’un groupe, d’une équipe. Nous avons certes un groupe de joueurs talentueux, mais ils ont besoin de quelqu’un qui va trouver les mots justes pour les motiver et les amener à se surpasser de sorte à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Vous vous croyez capable de diriger une équipe remplie de tant de stars aux égos souvent surdimensionnés ?

Les joueurs aux égos surdimensionnés, ça existe partout. Il faut pouvoir les gérer. Souvent, ce sont nous les entraineurs qui sont les premiers responsables des problèmes au sein des équipes. Si les joueurs sont traités avec équité et certaine honnêteté, il n’y a pas de raison qu’ils créent des problèmes. Il faut savoir gérer ces jeunes et leur faire comprendre que l’équipe nationale n’est pas un club mais une sélection. A un moment donné, on ne prend que les meilleurs et ceux qui sont en forme du moment. Moi, je ne serai pas leur entraineur. Je serai leur sélectionneur. Des jeunes que tu auras deux à trois jours, tu n’es pas là pour leur apprendre à jouer. Quand on est dans le vrai, il n’y a pas de raison que les enfants ne suivent pas. Mais dès l’instant où ils constatent une forme d’injustice, de frustration, ils se braquent. Et c’est là que commencent les problèmes. Il y a souvent des problèmes dans notre équipe nationale parce que souvent les joueurs ne sont pas traités sur le même pied d’égalité.

Si la Fédération portait son choix sur vous, quelle est la première grande décision ou mesure que vous adopterez ?

La première plus grande décision que je prendrai, c’est de mettre sur pied un staff technique 100% ivoirien. De l’entraineur adjoint, en passant par l’entraineur des gardiens, le préparateur physique ou les médecins, je ne prendrai que des techniciens locaux.

Réalisée par Abdoul Kapo




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