Reportage, Metz : Habib Maïga, le conquérant qui séduit tout le monde !

C’est bien connu ! « Pour connaître le printemps, il faut avoir connu l’hiver ». En d’autres termes, il faut souffrir pour réussir. Et ce n’est pas l’international Ivoirien du FC Metz (5 sélections), Habib Digbo Maïga, qui dira le contraire.

Comme d’habitude, il s’est réveillé ce matin à 8h. Sa charmante compagne italienne Manon prendra soin de leur bébé, né il y a seulement deux mois. Comme d’habitude, il a quitté son quartier résidentiel Ban Saint-Martin. Direction, l’ancien aéroport militaire à proximité du village de Marly (à 15 kilomètres de la ville de Metz) où est en train d’être bâti par le club, ce qui sera certainement l’un des plus beaux centres d’entraînement de France.

Dehors, il fait un temps de chien. La température est de 7° C. Pis, il pleut. Calé dans sa seconde Mercedès-Benz Classe A, couleur noire, Habib Maïga est vêtu d’un ensemble survêtement rouge fraise et écoute gaiement le nouvel album du groupe zouglou Voix des Anges (VDA). « J’adore la musique ivoirienne et surtout le zouglou », avoue-t-il. Sa conduite est correcte et au bout d’un quart d’heure, il se gare dans le parking. La séance d’entraînement avant le choc du week-end face à Nîmes ne durera pas plus d’une heure trente minutes.

Habib Maïga (à gauche) en compagnie de notre collaborateur Guy-Florentin Yameogo au centre d’entraînement du FC Metz

Habib Maïga est l’un des premiers à arriver. Suivront Vincent Pajot, Habib Diallo, Thierry Ambrose, Niane, Angban Victorien, John Boye et autres. Le directeur sportif du club, Philippe Gaillot, à qui nous demandons son sentiment sur Maiga et Angban, les deux Eléphants de l’effectif messin, se dit clairement satisfait des deux internationaux ivoiriens. « Ce sont mes frères… J’aime les gens corrects. Et ils le sont. Je suis plus proche de Victorien (Angban) et on se taquine beaucoup », lance pour sa part le buteur sénégalais Habib Diallo. Avalant une banane, le milieu de terrain français Vincent Pajot laisse entendre qu’il apprécie beaucoup Habib Maïga, qu’il connaît depuis l’AS Saint-Etienne. « Il est performant », souligne-t-il. Mais le plus bel hommage vient de l’entraîneur du FC Metz, Vincent Hognon : « Maiga est un leader d’investissement, de détermination et d’agressivité. Quand il n’est pas là, ça se sent ».

Fin de la séance d’entraînement du jour, essentiellement faite de jeux et de précision sur les centres sur les flancs. La pluie continue de tomber. Lucien, ultra et suivant le club depuis trente cinq ans, paraît content de la séance mais craint les Crocodiles Nîmois contre qui Metz jouera le lendemain. Une rencontre finalement remportée au Stade Saint-Symphorien (2-1) grâce notamment à une passe décisive de Maïga sur le deuxième but, et qui permet au FC Metz de croire plus que jamais au maintien.

« C’est grâce à Kamara Ibrahim que beaucoup d’entre nous jouent en Europe »

Après une douche, c’est le retour à Ban Saint-Martin. En chemin, Habib Maïga savoure sa joie de vivre. Il est zen et fredonne cette fois du rap français, signé La Fouine. A 24 ans, il nage dans le bonheur. Mais pour en arriver là, que ce fut dur…« Ma mère n’a jamais voulu que je joue au foot », commence -t-il par confier.Avant de poursuivre : « Mon histoire avec le foot a vraiment démarré à Gagnoa en 2012. Un après-midi de vendredi, alors que j’étais en clase de Terminale D, mon coach de l’époque, Kassy, m’apprend que la Direction technique nationale (DTN) à travers Adelaïde Koudougnon, est à Gagnoa pour une détection en vue du tournoi de Montaigu. Il fallait que j’y sois à 15h. Or, à cette heure, j’avais un devoir de mathématiques. Il fallait décider. Ecole ou Football ? Finalement je sèche le devoir et participe avec mon petit frère au test à l’insu de ma mère. Nous étions plus de mille joueurs de la région du Gôh. Il fallait être vachement chanceux pour être retenu. J’ai juste disputé une dizaine de minutes couronnées par une action où j’ai mis de l’impact dans un duel et où j’ai fait une passe pour être retenu. J’ai donc quitté Gagnoa et l’école et je suis devenu ce que je suis aujourd’hui… ».

Après un passage à l’AFAD puis à Ivoire Académie, Habib Maïga remporte la CAN U17 et dispute son premier Mondial Cadets la même année. La suite est magique puisque l’AS Saint-Etienne le recrute. « Maman ne regrette pas mon choix », glisse-t-il avec un sourire malicieux. Mais jamais ingrat, l’actuel milieu défensif du FC Metz tient à rendre hommage à un homme : Ibrahim Kamara. En effet, lorsqu’il évoque l’ex-sélectionneur des Eléphants, ses yeux brillent. « Kamara Ibrahim est plus qu’un entraîneur. Pour moi, c’est mon papa. Avec Franck Kessié, Kéita Aboubacar, Angban Victorien, Jean-Eudes Ahoulou, Diallo Chester, Idrissa Doumbia, Yakou Méité et même Nicolas Pépé, nous avons appris. La première personne a convoqué Nicolas Pépé en U20, c’est coach Kamara. Pour nous, c’était notre formateur, notre papa. Il nous a tout appris. Depuis 2012, nous sommes ensemble. En tant qu’Homme, en tant qu’entraîneur, c’est un super gars. Si nous nous retrouvons tous en Europe en train de jouer au haut niveau, c’est grâce à Kamso (le surnom d’Ibrahim Kamara)».Sans commentaires.

Guy-Florentin Yameogo, envoyé spécial à Metz
info@sportmania.ci




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!