Jean-Marc Guillou : « Cjeune vient pour aider et sauver le foot ivoirien»

Revenu en Côte d’Ivoire à l’invitation de la Fédération ivoirienne de football, Jean-Marc Guillou est le grand architecte de Cjeune, un projet novateur censé replacer la Côte d’Ivoire sur la carte du football mondial. Le mythique formateur des Académiciens explique dans cet entretien les tenants et les aboutissants de Cjeune et démonte le faux procès fait aux opposants du projet.  

 

Quels objectifs visez-vous à travers ce projet CJeune ?
Il s’agit de faire en sorte que le maximum d’enfants prennent du plaisir en jouant au football. Il faut aussi que la FIF devienne une Fédération plus forte. C’est-à-dire qu’elle ait plus d’adhérents et de bons joueurs. Enfin, il s’agit de faire en sorte que le championnat ivoirien soit d’un excellent niveau et se dispute dans des bonnes conditions. Notre objectif est de faire en sorte que le championnat ivoirien soit  un bon produit commercialisable.

 

Comment expliquez-vous alors l’hostilité de certains formateurs devant ce projet ? 
Je pense que tout cela va finir par  rentrer dans l’ordre. Notre message va finir par passer. De plus, tout est susceptible d’amélioration. Il va falloir s’adapter. Même au niveau des règlements généraux de ce projet que  nous sommes en train de mettre en place. Tout ne sera pas parfait du premier coup. On s’adaptera. L’important c’est d’atteindre nos objectifs.

 

Pendant ce temps,  plusieurs clubs ont marqué leur désaccord pour ce projet ?
J’entends ce qui ce dit. Certains avancent l’idée que je viens voler les jeunes joueurs ivoiriens. Mais c’est complètement faux ! Je n’ai pas besoin de mettre en place ce projet national pour voler des joueurs. J’ai déjà ma propre académie à Djékanou. Au contraire, le projet Cjeune a été conçu pour aider le football  ivoirien.

 

Justement, ce projet n’est –il pas en réalité élaboré pour servir de réservoir à l’Académie JMG ?
Ce n’est pas le but recherché. Cette compétition va faire émerger les talents. Ils  seront ensuite listés et envoyés vers des structures d’excellence qui devront  respecter  un cahier des charges. Et un certain nombre d’engagements qui prennent en compte notre philosophie et notre vision. Pour l’heure, nous sommes en train de tout formaliser. Je veux dire que les documents juridiques sont actuellement avec les experts juridiques de la Fédération.

 

L’Académie JMG fait-elle partie des structures d’excellence retenues pour ce projet ?
Oui. Parce que l’Académie JMG va partager sa vision et sa philosophie aux autres académies. En quelque sorte,  il s’agira de fabriquer des centres concurrents. Car,  on ne peut  avoir de bons résultats sans concurrence.

 

“Je ne viens pas voler les jeunes joueurs ivoiriens. C’est complètement faux !”

 

N’est-ce pas une forme d’ingérence que fera votre académie ? 
Je pense surtout que les autres académies ont intérêt à partager notre philosophie et notre vision sportive. Ceci pour une raison. Partout, où  j’ai mis en place des académies sur la base de  notre philosophie, nous avons eu des internationaux dans les sélections nationales. Au Mali, nous en avons huit. Même au Vietnam, nous avons 10 joueurs en sélection juniors. Il y a aussi les retombées financières.

 

C’est-à-dire ? 
Ma méthodologie et ma philosophie sont bonnes. Au Mali, les transferts nous remportent sur l’année entre 1 milliard 965 millions de francs cfa et 3 milliards 930 millions de francs cfa. Ce n’est pas rien. Tous les investisseurs qui sont avec moi sont heureux de la rentabilité du projet. Au Mali, le club (l’AS Real de Bamako) qui collabore avec nous, va toucher 131 millions de francs cfa comme quote part. Rien qu’avec cet argent,  leur budget de la prochaine saison est bouclé.

 

Combien de centres d’excellence sont attendus pour ce projet ?
Nous voulons le maximum de postulants. Il est clair que si l’on a 12 structures d’excellence émanant de clubs, cela rendra la Ligue 1 plus compétitive. Si les gens comprennent qu’ils peuvent gagner de l’argent avec une académie, nous ne pouvons que les encourager.

 

Comment se fera le partage des joueurs ? 
Le plus simple serait d’avoir deux structures d’excellence. La règle est simple. On déterminera la structure d’excellence qui choisira le premier joueur, un peu comme cela se fait au draft de la NBA. Ainsi de suite. Ce n’est jamais le même qui choisit le joueur. Maintenant, s’il  y a une troisième structure d’excellence qui arrive, elle se positionnera en dernier au niveau des choix.

 

Et si un joueur refuse d’aller dans un centre d’excellence ?  
Si  un joueur refuse d’aller dans une structure d’excellence,  les autres n’ont pas le droit de le prendre. Le joueur en question devra attendre un an avant  d’intégrer un centre. C’est une disposition qui a été mise en place pour éviter  qu’éventuellement un centre aille voir  un parent  et fausse la règle du jeu. C’est interdit !

 

Abdoul KAPO
abdoul.kapo@sportmania.ci



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