Igor LOLO (ex-international ivoirien) : « Yaya Touré est le joueur le plus fort avec lequel j’ai joué »

L’ancien latéral droit des Eléphants revisite les souvenirs marquants de sa carrière et raconte sa reconversion.

– Vous avez maintenant arrêté votre carrière il y a trois ans. Que devenez-vous ?

Je vais bien. Je suis resté dans le domaine du football. Je travaille avec des agents. Je voyage beaucoup pour dénicher de nouveaux talents. Je suis constamment à Abidjan pour superviser de jeunes joueurs. C’est une activité qui me plaît bien et dans laquelle je me sens bien.  

– Avec le recul, quel regard portez-vous sur votre carrière ?      

Je suis vraiment satisfait de la carrière que j’ai pu avoir, même si je pense que je pouvais faire plus, aller plus haut. J’ai de petits regrets sur certains choix. A part ça, je pense avoir été à la hauteur. J’ai joué dans de bons clubs en Belgique et à l’AS Monaco en France. J’ai été capitaine au FC Rostov en Russie et disputé une finale de CAN malheureusement perdue en 2012 avec la Côte d’Ivoire. Des joueurs peut-être plus talentueux que moi, n’ont pas connu ce parcours.

– Quels sont ces regrets dont vous parlez ?

Je pense être parti un peu trop tôt de Beveren alors qu’on avait qualifié le club pour la Coupe d’Europe. J’aurai dû évoluer encore une saison avec Beveren avant d’aller voir ailleurs.

– Pouvez-vous nous citer les trois souvenirs inoubliables de votre carrière ?

Le premier souvenir qui me vient à l’esprit est mon départ pour Beveren. En quittant l’ASEC Mimosas, mon club formateur, pour l’Europe, c’est un rêve qui se réalisait. Mon deuxième meilleur souvenir, c’est quand j’ai quitté l’Ukraine pour Genk, qui fait partie des trois plus grands clubs belges. Il y a aussi mon passage à l’AS Monaco et en équipe nationale. Être parmi tous ces grands joueurs, était quelque chose de grand. Il y a d’autres souvenirs, comme notre victoire en Coupe nationale de Russie avec Rostov. Je marque le dernier tir qui nous offre la coupe lors de la séance des tirs au but. En plus, j’étais le capitaine. Ça, c’est inoubliable !

Igor Lolo a été vice-champion d’Afrique avec les Eléphants en 2012

– Et quels sont vos trois mauvais souvenirs ?

J’ai commis une grosse erreur en allant en Ukraine. C’est vrai, j’étais titulaire au Metalurg Donetsk, mais je n’ai rien apprécié au sein de ce club. J’avais un entraîneur raciste. Je n’ai pas du tout aimé cette aventure. Le deuxième mauvais souvenir est notre défaite en finale de la CAN 2012 face à la Zambie. Enfin, il y a ma grave blessure à Westerlo en Belgique. Cette blessure a précipité la fin de ma carrière alors que je me sentais en pleine forme.

Quel est le stade qui vous faisait rêver et dans lequel vous avez pu jouer ?

C’est le stade Louis II de Monaco. C’est un stade que j’aimais bien avant même d’arriver à Monaco. C’est donc un rêve qui s’est réalisé quand je me suis retrouvé là-bas. C’est un stade charmant, même s’il est rarement plein. Il y avait toujours une grosse ambiance lors des grandes affiches.    

Quel est le joueur le plus talentueux avec lequel vous avez joué ?

Oh ! J’ai joué avec tellement de supers joueurs. A l’Académie déjà, il y avait de très, très bons joueurs. Mais pour moi, le meilleur joueur avec lequel j’ai joué, c’est Yaya Touré. Il a rapidement progressé et atteint une dimension incroyable. Il m’impressionnait vraiment.

Quel est le joueur le plus fou que vous avez rencontré ?

C’est Emmanuel Eboué. J’ai joué avec lui à Beveren et en équipe nationale. Il respirait la joie de vivre et faisait des dingueries pas possibles. Il est spécial ce gars. Je l’adore, pourtant on jouait au même poste. C’est un fou ce mec. Il faisait des choses qu’on ne peut même pas décrire.

Yaya Touré, Igor Lolo et Arsène Né au Metalurg Donetsk

– Quel est l’attaquant qui vous a le plus mis la misère au cours d’un match ?

Je ne dirai pas l’attaquant qui m’a le plus mis la misère, parce que j’étais quand même un défenseur assez solide. Mais je pense tout de suite à Eden Hazard qui m’avait passé à trois reprises au cours d’un match de Monaco à Lille. Il était en feu ! C’est l’année où Lille remporte le titre de champion. Ils avaient une équipe incroyable avec Gervinho, Moussa Sow, Eden Hazard. Mais au match retour, j’avais réussi à le museler et on avait gagné (1-0).

– Quel est le gardien de but devant lequel vous avez aimé évoluer ?

Le Croate Stipe Pletikosa avec lequel j’ai joué à Rostov en Russie. Un très bon gardien qui nous rassurait. Il dégageait beaucoup de force. En plus il était très charismatique. C’est vraiment le meilleur gardien que j’ai connu dans ma carrière.  

– Et quel est l’entraîneur qui vous a le plus marqué ?

C’est incontestablement le Roumain Dan Petrescu. J’ai travaillé sous ses ordres à Kuban Krasnodar (Ligue 1 russe). C’est un entraîneur fou avec un caractère tempétueux, mais qui est passionné et qui aime ses joueurs. Il aime aussi son métier et le travail bien fait. J’ai énormément appris avec lui.

– Ça ne vous dit pas de jouer un rôle dans le football ivoirien ?

Je serai ravi d’apporter mon expérience à un club ou à un dirigeant ivoirien. J’aimerai bien m’investir et jouer un rôle dans le foot ivoirien. Si l’opportunité se présente, je ne cracherai pas dessus. 

Réalisée par Abdoul Kapo
abdoul.kapo@sportmania.ci




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