Foot : Entre l’Afrique du Sud et l’Egypte, quel est le pays qui doit organiser la CAN 2019 ?

L’Afrique du Sud et l’Égypte sont les deux pays à avoir officiellement fait acte de candidature pour accueillir la CAN 2019, après le retrait de l’organisation du tournoi au Cameroun. Le point sur les atouts et handicaps des deux pays.

 

Afrique du Sud ? Égypte ? Le nom du pays qui accueillera le Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019 sera révélé le 9 janvier prochain par la Confédération africaine de football (CAF). Parmi les avantages et les inconvénients de chacun des deux pays en lice, l’Afrique du Sud semble se démarquer.

 

  • Des pays habitués à organiser des grands événements
La nation Arc-en-Ciel restera à tout jamais comme le premier pays africain à avoir organisé une Coupe du monde. C’était en 2010, et malgré le pessimisme originel, essentiellement motivé par l’insécurité régnant dans les grandes villes, notamment Johannesburg, aucun incident significatif ne fut à déplorer. Le pays le plus riche d’Afrique a l’habitude, depuis la fin du régime de l’apartheid, d’organiser des compétitions sportives de grande ampleur. Il a ainsi accueilli la Coupe du monde de rugby en 1995, celle de cricket (conjointement avec le Kenya et le Zimbabwe) en 2003, les jeux africains en 1999 ou encore la CAN masculine de volley en 2007.

 

Pour le football, il y a eu la CAN en 1996 et 2013, la Coupe des confédérations en 2019, le Championnat d’Afrique des nations en 2014, ainsi que la Coupe de la COSAFA, une compétition régionale réservée aux sélections d’Afrique australe, en 2008, 2015, 2017 et 2018, ou encore la CAN des moins de 20 ans en 2011. Le public sud-africain, très mobilisé pour la Coupe du monde, s’était moins passionné pour la CAN 2013.

 

L’Égypte, quant à elle, a accueilli la CAN en 2006 pour la quatrième fois de son histoire après 1959, 1974 et 2006. Le pays d’Afrique du Nord, qui organisera la CAN des moins de 23 ans en 2019, a été l’hôte de plusieurs événements sportifs : la CAN de basket (2003), celle de volley (2003, 2015 et 2017), de handball masculin (2004, 2010 et 2016) et féminin (2004, 2010). Grand pays de football, l’Égypte est en revanche régulièrement confrontée à la violence de certains supporters. Lors de la CAN 2006, de nombreux matches s’étaient joués devant des tribunes clairsemées, à l’exception de ceux des Pharaons.

 

  • Des infrastructures sportives importantes
Le cahier des charges d’une Coupe du monde à 32 équipes est d’une rare exigence, et les Sud-africains avaient construit ou rénové plusieurs stades pour l’occasion. En 2010, dix stades avaient été utilisés : deux à Johannesburg (Ellis Park, 55 700 places) et le Soccer City (94 700 places), au Cap (64 100 places), Durban (62 800), Pretoria (42 900), Port Elizabeth (42 500), Polokwane (41 750), Nelspruit (41 000), Bloemfontein (40 900) et Rustenburg (38 650). Cinq de ces enceintes furent de nouveau sollicitées pour la CAN 2013 et quatre pour le CHAN.

 

L’Afrique du Sud possède sur le continent africain le plus grand nombre de stades modernes. Et les installations pour s’entraîner sont également aussi variées que fonctionnelles. Trouver des camps de bases proches de terrains d’entraînement sera une tache relativement aisée pour les vingt-quatre équipes qualifiées.

 

Pour l’Égypte, le choix en termes de stades est plus limité qu’en Afrique du Sud, mais le pays dispose de plusieurs enceintes répondant largement aux critères : celle de Borg el-Arab, près d’Alexandrie, construite en 2007 et pouvant accueillir 86 000 spectateurs, est la plus grande d’Égypte. À Alexandrie se trouve également le stade d’Haras El-Hodoud, où s’étaient disputés plusieurs mtaches de la CAN 2005. Le Caire dispose de nombreux stades, dont l’International Stadium (75 000 places), le stade du 30 juin, construit en 2009 (30 000 places), ou le Al-Salam Stadium (30 000 places), érigé la même année. La ville de Suez est également bien équipée, avec l’Egyptian Army Stadium (45 000 places, 2009), et le Stade Municipal (27 000 places, 1990). À Assouan, on trouve également une enceinte de 20 000 places, inaugurée en 2009.

 

  • Des pays bien équipés en hôtels et transports
L’Afrique du Sud est un pays qui attire beaucoup de touristes. Il dispose donc d’un parc hôtelier capable de satisfaire les demandes de tous les types de clientèles, et il ne devrait pas avoir de difficulté à loger les délégations, les officiels, les supporters et la presse. Son réseau routier est de qualité, et les moyens de transport (avions, bus, trains) sont relativement satisfaisants. Les prix peuvent toutefois assez vite flamber, comme à chaque fois que se déroule une grosse compétition.

 

L’Égypte est également une destination très prisée par les touristes, même si les événements des dernières années ont fait baisser la fréquentation. Mais s’il est facile de se loger, à tous les prix, la qualité des prestations est très variable. Au niveau des transports, l’Égypte est relativement bien équipée. Mais les routes du pays font partie des plus dangereuses du monde, une tendance qui s’est aggravée depuis la révolution, où la soif de liberté fait souvent les règles de sécurité les plus élémentaires. Le réseau routier est correct sur les grands axes, beaucoup moins au niveau des voies secondaires.

 

  • Le volet sécuritaire, un handicap partagé
L’Afrique du Sud et l’Égypte ne sont pas les destinations les plus sûres du continent. La nation Arc-en-Ciel présente l‘un des taux de criminalité les plus élevés du monde, notamment dans les grandes villes, et plus particulièrement Johannesburg ou Le Cap. Les agressions contre les touristes sont fréquentes. Si l’Afrique du Sud avait déployé les grands moyens pour la sécurité des touristes lors de la Coupe du monde 2010 et la CAN 2013, les questions restent importantes.

 

L’Égypte, quant à elle, a été la cible ces dernières années de plusieurs attentats terroristes, souvent très meurtriers, y compris au Caire ou sa périphérie, ainsi qu’à Alexandrie. La sécurité n’est donc pas le point fort des deux candidats à l’organisation de la CAN.

 

Le volet sécuritaire s’était invité dans le dossier camerounais. La CAF, avant de décider de retirer l’organisation du tournoi au Cameroun, avait évalué les risques, notamment dans le Nord, avec la menace Boko Haram, et dans l’Ouest, où la crise anglophone est loin d’être terminée. L’instance ne manquera pas de mesurer les contextes égyptien et sud-africain…

 

Jeune Afrique



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