Faé Kouhon Désiré (Pdt AAFID) : « La seconde vie des footballeurs est compliquée »

Formé à l’AS SOTRA, l’ancien attaquant de l’Africa Sports a mis fin à sa carrière en 2007 en Suisse. Basé à Toulouse, Faé Kouhon préside aujourd’hui l’Association des anciens footballeurs de la diaspora (AAFID). Objectif, favoriser une reconversion réussie des anciens footballeurs ivoiriens. Partout.

  • Réunis autour de vous à Aulnay Sous-Bois (banlieue parisienne), il y a quelques jours, que préparent les anciens footballeurs de la diaspora ?

Avant tout propos, je tenais à vous remercier pour l’opportunité que vous m’offrez de parler de l’Association des anciens footballeurs de la diaspora (AAFID) que je dirige. Avec l’aide de notre aîné Ahizan Moïse (ex-Stella Club) qui dirige, lui, l’Amicale des anciens entraîneurs ivoiriens de France, nous avons initié une rencontre pour présenter l’AAFID aux anciens footballeurs.

  • C’est quoi l’objectif de l’AAFID ?

Cette association concerne tous les anciens footballeurs vivant en diaspora. L’idée est de nous retrouver pour nous entraider et réaliser des projets ensemble. Non seulement en Europe mais aussi en Côte d’Ivoire. C’était aussi l’occasion de présenter l’Amicale des entraîneurs ivoiriens en France.

  • Avez-vous le soutien de la Fédération Ivoirienne de football (FIF) ?

Pour le moment, nous peaufinons les choses. L’AAFID a été créée en juillet 2019. Dieu merci, la majorité des anciens footballeurs sont très intéressés par le projet. Par le passé, il y avait eu des divergences et certains s’étaient retirés mais aujourd’hui l’AAFID a fait un travail pour réconcilier tout le monde. Des joueurs comme Diaby Sékana, Sam Abouo, Cissé Baraté, Bamba Karim et autres sont là. Beaucoup d’anciens joueurs vivant aux Etats-Unis, au Maroc ou encore en Angleterre adhèrent également au projet et c’est une excellente chose. Incessamment la FIF sera informée de nos activités.

  • Quelle est la situation de la plupart des anciens footballeurs vivant en France ?

La seconde vie des footballeurs est compliquée. Pour ceux qui ont vraiment compris que le football s’arrête un jour, beaucoup se sont réinsérés dans la vie active. On les retrouve en France dans la sécurité, dans le transport, etc. Cela leur permet de vivre dignement. Personnellement, j’ai passé mes diplômes d’entraîneur, spécialisé dans la formation. C’est le cas aussi de beaucoup d’autres qui sont demeurés dans le football.

  • S’il est vrai que certains arrivent à s’en sortir en France, avouons qu’ils sont nombreux à tirer le diable par la queue en Côte d’Ivoire…

C’est vrai, malheureusement ! J’ai eu l’occasion lors de mes vacances au pays, de voir certains anciens footballeurs dans des difficultés mais je ne juge personne. Avec l’AAFID, nous aspirons à aider ceux que nous pouvons. Au-delà de tout cela, il y a toute une organisation à mettre en place. Nous refusons l’assistanat. Des projets seront bientôt mis en place et beaucoup d’anciens footballeurs, on l’espère, en bénéficieront.

  • De façon globale, quel est votre regard sur le football ivoirien aujourd’hui ?

Comme beaucoup de personnes, je suis déçu.

  • Pourquoi ?

Au niveau du championnat national, des Eléphants et même de la FIF, les choses ne vont pas bien. Avoir l’amour du football c’est bien. Mais ne pas savoir manager et orienter notre sport roi désole. Il faudrait mettre les gens qu’il faut à la place qu’il faut. C’est dommage que la Côte d’Ivoire ait reculé.

  • C’est bien beau de critiquer. Avez-vous des solutions à proposer ?

Absolument. Lorsqu’on présentera officiellement l’AAFID à la FIF, nous proposerons des solutions. Il y a du travail à faire. Nous sommes même partants pour une collaboration.

  • Les élections auront lieu très bientôt à la Maison de verre. Faut-il marquer la rupture avec Didier Drogba ou continuer avec la même équipe à travers Sory Diabaté ?

Je ne connais pas Sory Diabaté personnellement. Il est depuis un long moment à la FIF. Il a le mérite d’avoir remporté la CAN 2015 avec Sidy Diallo et d’avoir augmenté les subventions des clubs. Mais il y a beaucoup de couacs dans leur gestion. En tant qu’anciens footballeurs, nous souhaitons que notre football retrouve des couleurs. Si Sory Diabaté confirme sa candidature et peut faire mieux que Sidy Diallo, tant mieux. Si Didier Drogba aussi peut nous apporter un plus, pourquoi pas ? Nous souhaitons simplement que le prochain président apporte un plus à la FIF. L’essentiel est de retrouver le football ivoirien au sommet.

Entretien réalisé par Guy-Florentin Yameogo, en France  




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