Faé Kouhon Désiré (Ex-Footballeur Ivoirien) : « Vagba Alexis et Bahi Antoine doivent libérer l’Africa »

Formé à l’AS Sotra et révélé par l’Africa Sports dans les années 90, puis par le Stella Club, Faé Kouhon Désiré réside depuis quelques années à Toulouse (France). Aujourd’hui président de l’Association des anciens footballeurs ivoiriens résidents en France (AAFIF), il milite pour la suspension des championnats en cette période de crise sanitaire liée au Coronavirus et demande un changement à l’Africa Sports, son club de cœur.

– Quelle est votre actualité et celle de l’Association des anciens footballeurs ivoiriens résidents en France que vous dirigez ?

Pour le moment, nous sommes tous confinés en France. Avec le Coronavirus, nous observons l’évolution de cette pandémie en respectant les consignes de sécurité. Tout est donc à l’arrêt (Rires).

– En tant qu’ancien footballeur, c’est quand même une situation inédite…

Absolument, moi-même je viens de faire des exercices. C’est difficile de ne pas pouvoir pratiquer son sport favori mais nous n’avons pas le choix. On fait avec.

– Pensez-vous comme certains présidents de clubs français et l’UEFA, qu’il faut terminer cette saison ?

Non. Je ne pense pas qu’il faut terminer cette saison. Pour être raisonnable, au vu de l’ampleur de cette pandémie, il faut arrêter pour sauver des vies.

– La Côte d’Ivoire est aussi confrontée à cette pandémie. Avez-vous des craintes ?

Par rapport au football ivoirien, il faut simplement s’aligner sur ce qui ce fait à l’international en suspendant toutes les activités. La maladie tue. Ce n’est pas du jeu. Le confinement doit être respecté. Je milite pour l’arrêt du football en Côte d’Ivoire.

– Très adroit devant les buts à l’Africa, à l’époque, quels souvenirs gardez-vous de votre passage chez les Oyés?

J’ai été formé à l’AS Sotra en 89-90. Ensuite j’ai rejoint l’Africa l’année suivante. Je suis parti une année au Stella avant de revenir à l’Africa jusqu’en 97. C’est par la suite que ma carrière s’est poursuivie à Bastia puis en Suisse. Très tôt, on avait intégré l’équipe première de l’Africa avec les Adjibadé Babaladé, Lago Patrice, Lué Ruffin, Gnéto Kpassagnon, Alassane Ouattara. De libéro, j’ai été transformé en buteur par l’entraîneur Sunday Ibrahim après un match de championnat juniors. Le souvenir de mon passage à l’Africa est assez mitigé car il a fallu que Wollé Basile me donne ma chance au Stella et que je termine troisième meilleur buteur du championnat pour que l’Africa revienne me chercher. Il faut dire qu’avec de grands buteurs tels Gabriel Okolossi ou encore Taofick Malick, c’était compliqué pour un jeune de s’exprimer. En plus, je n’étais pas un baroudeur comme Ahmed Ouattara, Bamba Yacouba ou Boli Zozo. J’étais plus fin.

– Comment expliquez-vous la situation du club vert et rouge aujourd’hui ?

C’est la suite logique de la mauvaise gestion depuis longtemps. Tous les dirigeants passés à l’Africa n’ont jamais songé à laisser un patrimoine au club. Tous continuent dans leur gestion calamiteuse, au jour le jour.

– Les dirigeants actuels Alexis Vagba et Antoine Bahi n’ont-ils pas montré leurs limites ?

Ils ont plus que montré leurs limites. Pour avoir déjà discuté avec les deux, je sais qu’ils n’ont pas de bons rapports. Ces deux dirigeants n’offrent rien de professionnel aux supporters. C’est de l’amateurisme caractérisé. Pour moi, Vagba et Bahi doivent libérer le club pour permettre à quelqu’un de nouveau de faire ses preuves. J’apprends que Dosso Aboubacar veut sauver l’Africa. Je suis heureux. Il faut lui permettre de travailler avec une nouvelle équipe. Vagba et Bahi ont montré leurs limites.

– Comment sauver le club justement ?

Il faut une restructuration sur tous les plans. Il y a trop de réaction par émotion. Il faut reconstruire le club sur dix années. Les dégâts laissés sont énormes. Tout est à refaire. Repartir de zéro. Il faut une nouvelle gestion à l’Africa.

– Avec un homme nouveau ?

Absolument ! Nous savons tous que Alexis Vagba et Antoine Bahi ne sont plus les hommes de la situation. Sportivement, c’est un échec. On les remercie pour ce qu’ils ont fait mais aujourd’hui, il faut un nouveau groupe de personnes pour sauver ce club. Je me suis renseigné sur Dosso Aboubacar. C’est un homme d’affaires prospère. Il aime l’Africa. Il est très apprécié des supporters et a les moyens de sa politique. J’ai appris qu’il arrive avec des sponsors. D’ailleurs il a déjà offert un car au club et s’occupe du journal « Les Aiglons ». Pourquoi ne pas lui confier le club ?

Interview réalisée par Guy-Florentin Yameogo, en France
info@sportmania.ci




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