Coach Boudo au tableau noir : « Mes recettes pour battre l’Algérie »

Considéré comme l’un des tout meilleurs techniciens ivoiriens, Boudo Mory va décortiquer durant toute la durée de la CAN 2019, les prestations des hommes d’Ibrahim Kamara. Coach Boudo revient sur la prestation des Eléphants contre le Mali et propose ses plans pour vaincre les redoutables Algériens jeudi en quarts de inale.

Coach, la Côte d’Ivoire a-t-elle mérité sa victoire contre le Mali ou l’a-t-elle volée ?

Non, elle ne l’a pas volée. Mais c’est clair que sur l’ensemble de la rencontre, le Mali méritait sûrement de remporter le match. Les Maliens ont fait une très belle impression dans le jeu. Ils se sont offert une multitude d’occasions qu’ils n’ont pas concrétisées. La Côte d’Ivoire a fait parler son expérience pour s’imposer sur le fil. On va retenir la qualification de notre équipe.

S’il faut retenir la qualification, cette prestation indigeste des Eléphants n’est pas de bon augure pour la suite de la compétition…

Effectivement, la prestation de l’équipe n’est pas rassurante. Elle est même inquiétante. Hier, on a montré trop de lacunes et de fébrilité. On n’arrivait même pas à aligner trois passes. C’est inquiétant à trois jours du quart de finale contre l’Algérie qui est nettement supérieure au Mali et à tous les adversaires qu’on a rencontrés depuis le début de la compétition.

Pour vous, quel est le secteur de jeu qui a été le plus défaillant ?

Aucun secteur de jeu n’a vraiment été à la hauteur. Même si on n’a pas encaissé de but, la défense, notamment les latéraux, ont été trop fébriles. Ils ont manqué d’impact. Heureusement qu’Ismaël Traoré était encore là pour colmater les brèches. Au milieu, hormis Serey Dié qui a été irréprochable, on a été en-dessous de tout. Si Kessié a fait preuve d’agressivité, j’ai été déçu par la prestation de Jean-Philippe Gbamin qui n’arrivait pas à tenir le ballon et à aérer le jeu. En attaque, Zaha et Pépé ont perdu beaucoup trop de ballons. Ils ne sont jamais parvenus à prendre le dessus sur leurs vis-à-vis. Kodjia s’est aussi montré très maladroit et défaillant dans son rôle de point de fixation.

Faut-il désespérer de Nicolas Pépé qui a été une fois de plus transparent ?

Nicolas Pépé ne s’est pas encore adapté aux spécificités de la Coupe d’Afrique des nations. C’est une compétition exigeante physiquement et mentalement. Il découvre la CAN et a du mal à s’adapter. Il est fébrile dans les duels, rate ses contrôles. Il est confiné dans un couloir. Il n’arrive pas à s’exprimer. Pourquoi ne faut-il pas placer le Lillois dans un rôle d’électron libre derrière l’attaquant ? Ce poste pourrait lui permettre de mieux exprimer son talent.

Pour battre l’Algérie, faut-il apporter des changements ? Si oui, lesquels ?

Il faut d’abord commencer à placer Nicolas Pépé en neuf et demi pour déjouer les plans de l’adversaire, titulariser le jeune Ibrahim Sangaré qui peut transpercer les lignes par ses passes et ses projections. En pointe, il faut aligner Wilfried Bony pour sa capacité à tenir le ballon et à permettre au bloc de remonter. Dans les couloirs, les options Gradel ou Maxwel Cornet peuvent aussi être intéressantes. Ce sont deux joueurs qui défendent beaucoup. Cela peut avoir son importance face à une équipe algérienne qui utilise beaucoup les ailes, qui adore étirer l’adversaire.  

Propos recueillis par ABDOUL KAPO
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