Athlétisme : En guerre depuis des années, Ahouré et Ta Lou font enfin la paix !

Une bonne nouvelle pour la Côte d’Ivoire et l’athlétisme ivoirien. Murielle Ahouré et Marie Josée Ta Lou ont fumé le calumet de la paix. Les deux reines des pistes africaines et mondiales, couraient sous les mêmes couleurs, défendaient le prestige du même pays mais elles ne s’adressaient pas la parole. Trois ans au moins que cela dure. Depuis 2016.  À l’occasion du championnat d’Afrique des U18 et U20 d’Abidjan, dont elles sont toutes les deux les marraines, elles ont crevé l’abcès, elles se sont retirées de la scène, elles se sont enfermées dans une salle du stade Félix Houphouët-Boigny, elles se sont parlé sans témoins. Trois heures de huis-clos ce mardi 16 avril 2019. Puis la fumée blanche: la paix.

 

Tout ce que les deux jeunes dames montraient en public ces dernières années n’était en réalité que mise en scène. Les observateurs avertis de l’athlétisme et les proches des athlètes le savaient par contre : elles ne s’adressaient pas la parole. Elles étaient des concurrentes sur les pistes et dans la vie, des adversaires avec chacune son parking et son égo. Il fallait juste observer la fin des courses au plan international. Les performances de l’une laissaient indifférente l’autre.

 

La fédération internationale, la confédération africaine d’athlétisme et la fédération ivoirienne d’athlétisme ont finalement été bien inspirées de choisir les deux Ivoiriennes comme marraines du championnat d’Afrique des U18 et U20 d’Abidjan.

 

Sourires en public, bouderie en privé

 

Il est environ 15 heures, ce mardi 16 avril 2019. Peu avant la cérémonie d’ouverture du championnat d’Afrique. Les deux championnes descendent les marches de la tribune officielle du stade Houphouët-Boigny. Elles se tiennent les mains, rient aux éclats, saluent chaleureusement les amoureux de l’athlétisme dans le stade. Elles rejoignent les délégations pour le début du défilé d’ouverture, heureuses comme deux larrons en foire. Mais la complicité est feinte.

 

Après le défilé, la tribune officielle. Le protocole installe l’une à côté de l’autre. Une aubaine. « Il faut qu’on se parle… », souffle Marie Josée Ta Lou à son aînée. Réaction favorable de Murielle Ahouré. « Moi-même, je ne voulais pas te saluer, ni m’asseoir à tes côtés. Mais pour la Côte d’Ivoire, je fais fi… ».

 

 Ahouré : « Moi-même je ne voulais pas te saluer, ni m’asseoir à tes côtés »

 

 Serge Doh est le manager de Murielle Ahouré. Debout à l’entrée principale du stade Félix Houphouët-Boigny, il est heureux de la scène qui se noue en dehors des regards, dans une pièce du stade qui porte bien et fièrement, en cette fin d’après-midi, ce mardi 16 avril, le nom du premier président de la République de Côte d’Ivoire. « Elles sont toutes seules… », lâche-t-il. Longue attente.

 

Ce qui a brouillé les relations entre la double médaillée d’argent au Mondial 2018 (100 et 200 m, Marie Josée Ta Lou) et la championne de la Ligue de Diamant 2018 (Murielle Ahouré), les rumeurs véhiculées par leurs entourages respectifs. Après trois heures d’explication et de vérité, elles ont compris l’intérêt de se rapprocher davantage, d’échanger le plus souvent et de militer pour l’image de la Côte d’Ivoire et pour l’athlétisme ivoirien.

 

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Une correspondance particulière de Fernand Dedeh



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