Binta Diakité (FC Minsk) : « Aujourd’hui, je peux mourir le sourire aux lèvres »

Star de l’équipe nationale féminine de Côte d’Ivoire, Binta Diakité a réalisé son rêve, celui d’embrasser une carrière professionnelle en Europe. Sociétaire du FC Minsk en Ligue 1 biélorusse, la talentueuse attaquante ivoirienne s’éclate. Pour Sportmania.ci, Diakité a accepté de revenir sur son parcours, ses rêves et ses ambitions dans le football.

 

Vous avez toujours rêvée d’être footballeuse professionnelle ?
Oui, cela a toujours été mon rêve. Je disais même que si j’avais l’opportunité de jouer sur une pelouse européenne et que je mourrai le lendemain, j’irai avec le sourire aux lèvres

A quand remontent vos premiers contacts avec le ballon rond ?
Depuis mon enfance. J’ai commencé le sport très petite. Et j’ai eu une relation particulière avec le ballon rond depuis ma tendre enfance.

Quelle a été la réaction de vos parents quand vous leur avez confié que vous voulez faire du football votre métier ?
Ma mère l’a bien prise. Elle m’a toujours encouragée. Même quand j’ai débuté dans un centre pour garçons, elle a toujours été derrière moi. Quant à mon père, il était réticent au début. Mais il a fini par accepter ma décision de jouer au foot.

Aujourd’hui ils doivent être beaucoup fiers de vous !
Oui, oui ! Ils sont très fiers de moi. Leur soutien m’a permis de réaliser mon rêve.

 

« Beaucoup de mes proches sont fiers de ce je réalise. Moi, je profite de l’instant »

 

Quel regard votre entourage porte sur vous ?
Bah, vous connaissez les Africains hein ! Quand ça va, ils sont avec toi, te soutiennent ; mais quand ça ne va pas, ils disent ‘’On t’a dit de ne pas laisser tomber les études’’. Je sais que beaucoup de mes proches sont fiers de ce je réalise. Moi, je profite de l’instant.

Et quel regard jetez-vous tu sur votre parcours jusque-là ?
Il y a eu des hauts et des bas. Il m’est arrivé de trébucher… J’ai connu des moments très difficiles comme ma blessure au genou. Une fois, j’ai perdu mon passeport avec à l’intérieur mon visa que je venais d’obtenir. Mais j’ai su toujours me relever pour aller de l’avant. Je n’ai jamais baissé les bras. J’aime vraiment ce que je fais et je suis fière de le faire.

Êtes-vous satisfaite de la carrière que vous réalisez ou pensez-vous que vous auriez pu avoir une bien meilleure carrière ?
Je suis quand même une joueuse professionnelle hein ! On dit tout ce que Dieu fait est bon. Je ne vais donc pas me plaindre de la carrière que je réalise. Du moment où j’ai encore la force et la volonté de jouer, tout reste possible. Il n’y a point d’heure au succès ni à la gloire.

Dans quelle condition êtes-vous arrivée en Biélorussie ?
Par la chance. J’étais déjà en fin de saison avec mon club au Maroc. Les dirigeants souhaitaient que je renouvelle mon contrat, mais je ne voulais. J’avais eu quelques soucis avec le club. Etant là-bas, j’avais fais une demande de visa pour aller passer un test avec Metz qui a malheureusement été refusé. A quelques jours de ma venue pour le tournoi Ufoa avec la Côte d’Ivoire, j’ai été contactée par un agent qui m’a fait cette proposition de la Biélorussie. C’est comme ça que tout est parti.

Binta Diakité n’a pas mis du temps pour s’imposer au FC Minsk

Et depuis votre arrivée comment les choses se déroulent pour vous ?
Avec le froid et la barrière de la langue, mes débuts ont été difficiles. Mais aujourd’hui ça va. Mon adaptation se passe bien, même si je ne parle toujours pas russe. C’est une langue très difficile.

Comment jugez-vous le niveau du championnat biélorusse par rapport à celui du Maroc ?
Le niveau plus élevé ici que ce soit au niveau physique ou technique. J’essaie de m’adapter et donner le meilleur de moi.

Vous êtes-vous fixé des objectifs avec votre club ?
Oui je me suis plusieurs objectifs comme remporter le titre de champion, la Coupe de la Biélorussie et passer le cap des seizièmes de finale de la Champions League. Mon club n’a jamais allé au-delà des seizièmes dans cette compétition.

Et en termes de buts, vous êtes-vous fixé un nombre à atteindre ?
Pas vraiment. Mais je serai heureuse d’inscrire autant de buts que je pourrai. J’en ai pour l’instant à 12 réalisations.

 

« Le football féminin nourrit son homme »

 

Comment avez-vous tu été accueillie au club par vos coéquipières et vos dirigeants ?
J’ai vraiment été très bien accueillie. Que ce soit mes coéquipières, les dirigeants, le staff technique et les supporters, tout le monde m’a accueilli les bras ouverts. Tout le monde est cool avec moi au quotidien.

Aujourd’hui quelles sont vos ambitions avec l’équipe nationale de Côte d’Ivoire dont vous êtes l’une des stars ?
J’aimerai qu’on se qualifie pour la CAN et la remporter. Il y a aussi le challenge de la Coupe du monde. On aimerait bien goûter à une deuxième Coupe du monde.

Le métier de footballeuse nourrit-il aujourd’hui son homme ?
Bien sûr ! De nos jours, une femme vit convenablement du foot, même si nos salaires sont à des années-lumière de ceux des hommes.

Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?
J’ai commencé avec l’Omness de Dabou, ensuite je suis passée à la Juventus de Yopougon, Aguilas Verdes (Guinée Equatoriale), Amazones de Boukansombougou (Mali), Alliance Sportif de Niamakoro (Mali), Médenine FC (Tunisie), CSMTF Meknès (Maroc) et le FC Minsk, mon club actuel.

Vous vous exprimez très bien, à quel niveau avez-vous arrêté les études ?
J’ai arrêtée les études en classe de 3è. Il était devenu difficile de concilier football et études. J’ai dû alors faire un choix.

 

Abdoul KAPO
abdoul.kapo@sportmania.ci




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