Francis Ouégnin (Pdt section football Asec) : « Ce sont les aigris qui trouvent toujours à redire »

Passionné de football et fidèle à son franc-parler, Francis Ouégnin décrypte le nouvel effectif  de l’ASEC Mimosas, fruit des gros sacrifices consentis par les dirigeants. Le numéro 2 du club jaune et noir ne manque pas de mettre en lumière les grands challenges qui attendent son club cette saison ; non sans évoquer le retour des académiciens au club et sa future retraite.

 

Vous venez de boucler deux matchs tests avec le nouvel effectif de la saison. Quel jugement faites-vous avec des yeux de sportif averti ?

Nous sommes très attentifs à tout ce qui se passe. Il y a  eu  ce jour (le samedi 16 septembre) la présentation de l’effectif 2017-2018 qui a déjà disputé deux matchs amicaux. Il faut rappeler qu’il y a une dizaine de jours que nous avons repris. La première impression est bonne tout  naturellement. Nous avons du beau monde. Maintenant, il faudrait que la mayonnaise prenne. Mais n’allons pas vite en besogne. Vous savez que pour une reprise, il faut au minimum six semaines de travail pour que l’équipe atteigne un bon niveau. Je doute un peu car nous affronterons l’Africa Sport le 30 septembre dans le cadre de la Supercoupe avec quatre semaines de  travail. Nous croyons cependant qu’avant l’entame du championnat, nous aurons achevé les six semaines. En tout cas, les premiers signes sont forts prometteurs et annoncent une  saison intéressante. Surtout  que nous ne disposons pas encore de tout notre effectif. Nous avons des blessés qui se remettent.

Êtes-vous satisfait des prestations de vos principales recrues que sont Cissé Abdoul Karim, Fonsinho, Oussalé et Komlan ?

Je voudrais qu’on fasse preuve de patience. J’estime qu’il est trop tôt pour porter un jugement sur les prestations des uns et des autres. Pour revenir à Hervé Oussalé (l’attaquant burkinabè), je dirais qu’il a un vécu. L’Asec ne l’a pas recruté sans connaitre ses qualités et ce qu’il a dans les pieds. Je dis encore patience. Il en va de même pour toutes les recrues. N’allons pas vite en besogne. Amani Yao a  le temps de parfaire son équipe. Nous jugerons après. Concernant Cissé, je dirais que c’est toujours une bonne chose d’œuvrer au retour de nos enfants à la maison. Lui aussi a du  vécu. Il est un pur produit de l’Asec Mimosas mais il a eu à pratiquer plusieurs clubs en Côte d’Ivoire sans oublier ses campagnes avec la sélection nationale. C’est la même chose avec Hamed Hervé. Pour nous, c’est  dans l’ordre normal des choses. Le contraire m’aurait un peu déçu.

Président, vous avez effectué de gros investissements pour ferrer tous ces joueurs. Il va s’en dire que les ambitions sont tout aussi astronomiques ?

A l’instar de la saison écoulée, nous avons effectué de gros investissements. Nous allons poursuivre sur notre lancée. Le président  Roger (Ouégnin) a décidé de passer à la vitesse supérieure. Attendons de voir. Mais reconnaissons qu’il y a eu de gros sacrifices financiers qui ont été faits.

 

« Le rêve du président Roger Ouégnin est de laisser le trône à ces anciens qui sont méritants »

 

Quels sont les grands objectifs de l’Asec cette saison ?

Chaque saison, ce sont les mêmes challenges. Se hisser au summum du football ivoirien tant en Championnat qu’en Coupe nationale. On veut aller aussi le plus loin possible en Ligue des champions. Cette  saison, nous disposons d’une profondeur de banc de touche qui nous sera fort utile pour jouer et briller sur les différents tableaux. Cela nous avait fait défaut la saison passée. L’année dernière, l’ossature reposait sur huit joueurs. C’est la raison pour laquelle, à un moment donné, nous avons fait un choix. Monaco l’a fait, cela ne l’a pas empêché d’être champion de France. Mais quand l’Asec le fait, on nous taxe de ne pas être un bon champion. Le Real Madrid a été champion d’Espagne la saison dernière à un point du FC Barcelone. Croyez –vous que cela décrédibilise leur titre ? Ce sont les aigris qui trouvent toujours à redire. L’histoire retiendra que  l’Asec fut champion de Côte d’Ivoire 2017.

L’Asec, c’est aussi le retour de ses enfants à la maison. Après Koné Bakary dit Baky, c’est au tour de N’Dri Koffi Christian Romaric. Que pensez-vous de ces retours et de ces jeunes qui acceptent de revenir mettre leur expérience au service du club jaune et noir ?

C’est une très bonne chose. Nous avons préparé Baky qui assure d’énormes responsabilités dans le club. Romaric le rejoint aujourd’hui. Le rêve du président Roger Ouégnin est de laisser le trône à ces anciens qui sont méritants. Son idéal est de faire comme le Bayern Munich. Maintenant, vous savez nous ne forçons personne. Ils viennent d’eux-mêmes. Nous sommes satisfaits de la présence de Baky et de Romaric. Je prends personnellement du recul aujourd’hui. Je veux rentrer dans la galerie des présidents d’honneur, et ça sera tout à mon honneur. Je suis le plus ancien des dirigeants encore en activité (depuis 1980). Notre rêve Roger et moi, a  toujours été de réaliser ce que notre père n’a pas pu. Et Roger l’a réussi pleinement. Il  faut maintenant penser à la relève. Je crois qu’au niveau de la section football, elle est bien assurée. S’il y a des anciens, pas seulement les académiciens, qui souhaitent apporter leur pierre à l’édifice, le président Roger ne leur fermera pas la porte.

 

Réalisée par Lebeni Koffi
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