Murielle Ahouré (Sprinteuse ivoirienne) : « Je ne suis pas finie, qu’on me laisse faire mon deuil »

En recul sportivement, Murielle Ahouré a été l’ombre d’elle-même cette saison. Mais la star ivoirienne assure qu’elle est loin d’être finie.  En attendant de revenir au premier plan, Ahouré raconte les malheurs qu’elle a vécus ces derniers mois.

Pourquoi avez-vous connu tant de  difficultés au cours de cette saison, au point de ne glaner aucune médaille? Certaines personnes pensent que vous êtes finie ? 

Je veux avant tout vous dire merci pour l’opportunité que vous m’offrez. Je peux me permettre de vous le dire, maintenant, parce que ma douleur s’apaise tout doucement. L’année précédente a été une année noire pour moi. Une grave blessure m’a clouée : pendant près de neuf mois, j’ai été privée de la piste d’athlétisme. L’année qui a suivi, j’avais des frayeurs, quand j’ai appris que l’état de santé de mon père, le général [Mathias] Doué, se détériorait de jour en jour. Et ça a été suivi du gros choc : son décès.

Les gens ne savaient pas les batailles intérieures que je menais, comment je suis restée forte pour pouvoir sourire, malgré ces profondes blessures, car mon père a véritablement souffert de sa maladie. Ce sont des choses qui m’ont sérieusement affectée. Les gens ne pouvaient pas comprendre ce dont je souffrais intérieurement. Ce sont des choses qui ne se disent pas.

Je voudrais que l’on me comprenne, et qu’on me laisse faire mon deuil. Le moment viendra où je pourrai m’ouvrir aux médias comme je l’ai toujours fait par le passé.

Quels sont vos prochains challenges ?

J’ai toujours cherché à être à un niveau d’excellence, pour protéger et assurer la réputation et l’image de mon pays. Que Dieu qui est miséricordieux me donne de bonnes dispositions pour avoir un encadrement d’experts, pour continuer à travailler très dure, de manière assidue, rigoureuse, perfectionniste, minutieuse et propre. Et être au mieux de ma forme pour glaner plus de victoires. Je sais ce que je dois faire. Je sais ce que je vaux. Je sais ce que je suis capable de faire. Je suis loin d’être satisfaite, mais je ne suis plus inquiète, aujourd’hui. Je suis pleine de confiance et je poursuis sereinement ma préparation pour la saison prochaine.

Cette saison, allez-vous vous cantonner aux 200 ou 100 m ou pourrez-vous vous aligner sur les 400 et 800 m ?

Je ne m’alignerai que sur les 100 et 200 m. Cette année, je n’ai pas pu réaliser le programme de mes 200 m parce qu’après quelques séances d’entrainement ou tout allait superbement bien, survient, à mi-chemin, le décès de mon papa. Malheureusement, pour tout sportif, ce sont des choses qui peuvent arriver d’un moment à l’autre. On ne peut rien contre le destin, alors que l’esprit et le corps sont soumis à de dures épreuves, pour atteindre le niveau exigé. L’athlétisme, c’est le moral et la protection, à 100%.

Comment vivez-vous la concurrence avec Marie Josée Ta Lou, qui vous a mis dans l’ombre ? 

Le rôle d’un leader, c’est de produire d’autres leaders ou de stimuler l’émergence des autres. Le plus important, bien sûr, c’est de contribuer et de participer avec honneur et dignité. Le plus important c’est la Côte d’Ivoire qui gagne et glane des médailles à travers le monde.

 

Jeune Afrique




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