Ghani Yanouz (DG de l’INSEP) : « J’ai vécu la plus belle cérémonie des Jeux de la Francophonie »

Ancien Directeur technique national (DTN) de l’athlétisme français, Ghani Yalouz est depuis le mois de mars, le nouveau directeur général de l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance). Présent aux Jeux de la Francophonie, le médaillé d’argent de lutte gréco-romaine aux JO d’Atlanta en 1996 a accepté de nous accorder cet entretien dans lequel il juge l’organisation des Jeux non sans évoquer son rôle de dirigeant.

Ghani Yanouz, pouvez-vous nous dire comment avez-vous atterri à la tête de l’INSEP, qui est le fleuron de la formation sportive française ?

Les gens me demandent souvent comment je suis arrivé là si jeune. Je dois rappeler que j’ai été DTN des fédérations française de lutte et d’athlétisme. C’est une question de savoir s’entourer et de savoir affronter les challenges. Quand on est sportif, on ne doit pas avoir peur de se challenger. Moi, ce qui me motive chaque matin, c’est l’intérêt général du sport français. La France est le pays qui m’a accueilli quand j’ai quitté le Maroc à six ans. J’estime que j’ai reçu ; je dois maintenant donner.

Passer d’une carrière de sportif de haut niveau à celle de dirigeant, il n’y a pas beaucoup d’athlètes qui franchissent le pas. Qu’est-ce qui a provoqué le déclic chez vous ?

Je suis issu d’une famille de professeurs. Et, sachez qu’on n’a rien sans rien. En France, on ne vous donne pas pour vous donner. Il faut passer vos diplômes, il faut vous former, il faut vous remettre en question. Intellectuellement, le sportif a besoin de préparer son avenir. Et quand il prépare son avenir, ça se ressent sur ses performances sportives. Le sport est éphémère. On peut voir sa carrière être brisée prématurément par une blessure. Quand on prépare son avenir, on peut ensuite basculer sur un métier intéressant quand on met fin à sa carrière sportive. Le sportif doit donc préparer son avenir, parallèlement à sa carrière sportive.

 

« On se doit de respecter son histoire. On se doit de la transmettre et de la faire connaître »

 

Vous êtes arrivé aux 8è Jeux de la Francophonie avec quel agenda ?

Je suis arrivé avec un agenda d’accompagnement. Je suis là pour montrer qu’il y a une solidarité entre le mouvement olympique, Paris 2024, et le ministère des Sports. Je suis là avec la ministre Laura Flessel, Denis Marsiglia. On travaille ensemble pour réussir ces Jeux Olympiques que Paris va organiser.

Qu’avez-vous pensé de la cérémonie d’ouverture des Jeux de la Francophonie ?

C’est la plus belle cérémonie d’ouverture des Jeux de la Francophonie à laquelle j’ai assisté. C’était festif, simple et il y avait de l’émotion. Il y avait ce traditionalisme que les Ivoiriens n’ont pas occulté. C’est quelque chose de fondamental. On se doit de respecter son histoire. On se doit de la transmettre et de la faire connaître. C’est ça aussi les Jeux de la Francophonie. Et c’est la raison pour laquelle, les Jeux de la Francophonie associent aussi la culture au sport dans ses compétitions.

Vous qui êtes un pur produit de la lutte gréco-romaine, quels sont aujourd’hui les rapports entre les Fédérations africaines de lutte gréco-romaine et leur homologue française ? Avez-vous des partenariats ?

J’ai quitté la lutte en 2008 en finissant deuxième nation mondiale. J’ai ensuite passé huit ans à l’athlétisme. Mais, la lutte gréco-romaine se porte bien. Nous accueillons les Championnats du monde dans deux semaines à Bercy. Mais il faut la booster, il faut qu’elle évolue, il faut qu’elle se développe en augmentant ses licenciés. C’est quand même le 4è sport olympique. Plus de 190 nations la pratique. Il y a des experts français qui travaillent ici en Côte d’Ivoire. J’ai discuté avec votre responsable du comité olympique. On essaie de trouver des solutions pour accompagner et aider la lutte ivoirienne.

 

Réalisée par Abdoul Kapo




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