Bomou Mamadou, artiste-chorégraphe : « Nous avons chassé Jean-Marc Guillou et voilà ce qui nous arrive »

Artiste pluridimensionnel, Bomou Mamadou est aussi un passionné de football. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, le maître de la parole évoque ses années passées à l’Académie Mimosifcom, son club préféré, le problème de capitaine chez les Eléphants et bien d’autres sujets footballistiques. Magnéto !

 

Le maître de la parole est-il sportif ?

J’ai un penchant pour tous les sports, particulièrement le football. Mon père m’a dit « le serpent qui vit cacher meurt vieux à coup sûr ». Beaucoup ne savent pas que j’ai été parmi ceux qui ont formé les jeunes de l’Académie Mimosifcom. Précisément ceux de la première promotion.

Dans cette promotion, de qui vous étiez le plus proche ?

Je dirai toute la première promotion. Du gardien de but, Barry Copa en passant par Chico, Kolo, Madinho, Zézéto, Aruna et tous les autres. Je faisais sport et danse. C’est moi qui les réveillais à 5h du matin pour le footing. Je n’ai pas été un grand joueur, mais j’ai toujours admiré les grands footballeurs. Mon père aussi était un grand supporter de l’Asec à l’époque de feu Laurent Pokou. J’aime le sport roi et je suis Asec Mimosas. Ma part d’action a été de donner la formation à ces jeunes qui sont d’ailleurs reconnaissants envers moi. Lorsque le car des Éléphants arrive ici à Bingerville (la cité où vit Bomou Mamadou, ndlr) et qu’ils me voient, ils ne manquent jamais de me saluer chaleureusement.

Après des années de disette, l’Asec Mimosas est revenu au sommet du football local. Comment l’Actionnaire que vous êtes se sent après ce sacre national ?   

J’ai suivi un peu le match contre le WAC. J’ai revu le seul but d’Aristide Bancé et j’ai vu Ouégnin exulter. Je suis très content. Je suis Asec, c’est normal. Félicitations et bravo à eux.

Vous n’avez pas été un grand joueur, mais à quel poste vous vous serez senti à l’aise ?

(Il rit) Ceux qui m’ont connu m’appelaient Zohouri Faustin. Quand je suis sur le terrain, je suis dans le milieu, je suis le pourvoyeur de balles. Pour moi, le milieu de terrain distributeur, c’est la générosité. On ne parle pas beaucoup de lui, mais c’est lui qui fait briller les attaquants dont les gens parlent plus. Mais je savais que je ne pouvais pas être un grand footballeur, parce que je suis trop nerveux, émotif et passionné. Feu Carlos Gustavo de l’académie disait ‘’faut pas aller au stade avec Boumou. Asec gagne il pleure, Asec perd il pleure’’. Que la Côte d’Ivoire me pardonne. Je suis désolé de le dire, mais lorsque les Éléphants ont perdu aux tirs au but au Gabon contre les Zambiens en finale de la CAN, j’ai brûlé mon maillot que certains Éléphants tels que Kolo, Drogba et autres m’avaient dédicacé. Cela a été un terrible choc pour moi. J’étais en larmes depuis le centre-ville de Bingerville jusqu’en arrivant à la maison.

 

‘’J’ai formé les Kolo, Aruna, Copa, Zézéto…’’

 

Parlant des Éléphants, comment entrevoyez-vous la transition de cette sélection ?

Chaque chose à son temps. Les anciens qui étaient là ont travaillé sans tricher. Ils se sont donné corps et âme pour cette équipe et on a eu des résultats. Nous avons encore de bons joueurs qui ont de l’avenir, mais il faut que ça travaille. On doit laisser les egos de côté. Nous avons trop souffert et continuons de souffrir des egos. Dans une équipe, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle on l’appelle ainsi, personne n’est mieux que son copain. Quand ils auront compris que c’est une équipe, vous verrez que chacun sera excellent dans son rôle. C’est comme les parties d’un corps : l’énergie doit circuler dans le bon sens, sinon il y a problème. Tout doit être en place pour que le cœur ivoire batte bien. C’est frustrant de voir les Guinéens nous battre chez nous. Mais ces échecs vont nous permettre de nous remettre en cause et d’avancer de plus belle. La Côte d’Ivoire doit se remettre en cause. Vous savez, chez nous, on manque de reconnaissance. Nous avons chassé Jean-Marc Guillou et voilà ce qui nous arrive. Etait-ce si difficile de récompenser ce monsieur ? Juste une petite décoration ? Nous avons été ingrats, on paie notre ingratitude.

Qu’est-ce qui manque à cette équipe nationale ?

Il faut laisser du temps à ces joueurs de se connaitre. Nous les supporters, sommes parfois très exigeants. Nous voulons construire une équipe et il faut donner du temps à ces jeunes et à l’entraîneur aussi de travailler les automatismes entre les joueurs, de construire une vraie équipe.

Pourquoi selon vous, le brassard de capitaine créé tant de polémiques ?

Ce sont des choses pour lesquelles on ne devrait pas avoir de telles disputes. Il revient aux joueurs de choisir leur capitaine et c’est tellement simple. Dans toute famille, il y a un chef. Même si l’aîné ne fait pas assez de tapage, il faut savoir que c’est lui l’aîné. On donne le talisman au grand frère. Chez nous on dit voilà notre ‘’djoho’’.

 

‘’Il faut bâtir un monument Drogba’’

 

Quel est le meilleur joueur ivoirien selon vous ?

Je n’irais pas plus loin, c’est Drogba Didier, l’incontournable. Malheureusement, il n’a pas pu gagner la Coupe d’Afrique avec les Éléphants. Cela était certainement écrit quelque part. Je pense que les Ivoiriens devraient s’arrêter un moment pour faire un monument à ce monsieur-là. Didier est un exemple d’humilité, de grandeur. Aujourd’hui, lorsque vous allez aux Etats-Unis et que vous dites Côte d’Ivoire, on sait d’où vous venez et c’est grâce à Didier Drogba.

Quelle est votre équipe de cœur ?

Mon équipe de cœur, c’est le Real Madrid. Mais j’aime également voir jouer le Bayern, Monaco et Chelsea. Il y a également Tottenham qui produit du beau jeu.

Quelle est l’actualité de Bomou Mamadou ?   

Toujours en train de travailler. Je suis toujours présent sur la scène, beaucoup plus dans les manifestations. Je suis en train de préparer un single  « S’il nous plaît ». En marge de cela j’écris toujours.

 

Abidjan Sports




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