Jeux de la Francophonie – Préparation : Attention au détournement de l’argent des athlètes !

Que valent véritablement les 240 millions de FCFA  dans la préparation des athlètes ivoiriens à seulement un mois et 19 jours du début des VIIIe Jeux de la francophonie ? Le sempiternel problème du financement des compétitions sous nos tropiques est un gros serpent qui ne dort que d’un œil.

 

Le robinet étatique a lâché son flot de millions. En effet, le ministère des Sports et des Loisirs a annoncé, il y a quelques jours le décaissement de 240 millions de francs CFA. Cela  en vue de la préparation des athlètes ivoiriens pour les VIIIe Jeux de la Francophonie qu’abrite la Côte d’Ivoire du 21 au 30 juillet prochain. Une manne financière relativement conséquente qui vient étancher la soif  de certaines Fédérérations croulant déjà sous le poids des préfinancements des joutes continentales  sans oublier les athlètes à qui cette somme est destinée.

Mieux  vaut tard que jamais, dit l’adage. Et  vu les récents remous sociaux et les nombreux efforts consentis dans la construction et la rénovation d’infrastructures sportives devant accueillir ces Jeux, l’on est tenté de dire que les caisses ne sont  peut –être pas  au mieux de leur santé. Qu’à cela ne tienne, cette compétition est programmée depuis quatre ans déjà. Ce n’est donc  pas à 57 jours que les fonds pour la préparation doivent être décaissés. Car bien que la Côte d’Ivoire tienne au challenge organisationnel, il n’en demeure pas moins que le défi sportif mérite d’être relevé.

Il faut en finir avec les financements de dernière minute

L’on était témoin à la veille des Jeux Olympiques. Encore que là, les factures étaient on ne peut plus onéreuses car il s’agissait d’une compétition se déroulant loin de nos terres. Même si pour Rio, l’on est revenu avec une médaille d’or olympique et une de bronze, il est grand temps qu’on rompt avec ces vieilles habitudes. Si nous croyons en la puissance du sport dans le rayonnement de nos nations sur l’échiquier international, nos gouvernants doivent s’y prendre un peu  tôt dans le financement de la préparation des athlètes. Car la quête de médailles et de consécration sur les scènes internationales a ses exigences et ses lois. Le financement tardif ne profite guère !

La somme allouée aux athlètes couvrira une préparation en deux phases. Une phase externe et une autre en interne. Cette fois, que l’argent serve aux athlètes ivoiriens. Quand on connait les performances de certains et surtout leur acharnement à défendre les couleurs nationales, en dépit de leurs difficiles conditions de travail. Prêts à inventorier des plans de préparation  aux antipodes de  la réalité, certains présidents de Fédération sont passés maître dans l’art de livrer leurs athlètes à des parodies de préparation. Et inventer des factures salées en vue de justifier certaines dépenses imaginaires.

Revenue de Nice avec des titres de champion et d’autres lauriers dans plusieurs disciplines, la Côte d’Ivoire n’a pas le droit à une piètre figure sur ses terres. D’où  la préparation efficiente que nous appelons de tous nos vœux. Que les chèques distribuées ne servent pas à éponger d’autres dettes ou des sommes ayant servis à préfinancer des compétitions passées. On doit réussir à glaner plus de médailles qu’à Nice ou du moins réussir à  rééditer les mêmes exploits afin de ne  pas se compromettre. Tel doit être le leitmotiv de tous les présidents de Fédération, des encadreurs et athlètes à quelques semaines de cet important rendez-vous sportif. Car désormais, la Côte d’Ivoire est un nom qui compte dans le monde du sport.

 

Lebeni Koffi




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *