Habib Maïga (International Espoirs) : « Je veux être un joueur important à Saint-Étienne »

Auteur de son premier match en Ligue 1 le week-end passé avec l’AS Saint-Etienne, Habib Maïga s’est joliment distingué pour ses grands débuts dans l’élite en sauvant la vie à son coéquipier Vincent Pajot. Très ambitieux, le milieu de 21 ans souhaite s’inscrire dans l’histoire du club forézien. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, Maïga évoque ses ambitions et revient sur son parcours.

 

Qu’est-ce que cela fait quand on est un jeune footballeur et qu’on signe son premier contrat professionnel ?

C’est beaucoup de joie et de fierté. C’est l’aboutissement de longues années de travail et de souffrance. C’est aussi une immense fierté pour mes parents, mes proches et amis. Mais signer son premier contrat professionnel n’est pas une fin en soi. C’est maintenant que le plus dur commence.

Il y a bon nombre de jeunes qui signent professionnel et qui n’arrivent pas ensuite à avoir la carrière qui leur était promise. C’est une réalité qui vous fait peur ?

Chacun à son destin. Mais comme je l’ai dit, signer professionnel n’est pas une fin en soi. C’est maintenant que le plus dur commence. C’est maintenant qu’il faut travailler quatre fois plus dur pour progresser et rendre à mes dirigeants leur confiance. Il faut éviter d’avoir la grosse tête et de dormir sur ses lauriers. Si je respecte ces principes, il n’y a pas de raison que les choses n’avancent pas dans le bon sens pour moi.

Vous avez connu des moments très difficiles avec une blessure (Habib Maïga a été victtime d’une sérieuse fracture aux cervicales) qui vous a éloigné des terrains pendant un an. Comment avez-vous fait pour surmonter ces moments pénibles ?

Ça été des moments très, très, très difficiles. Faire un an sans pratiquer le foot, a été une torture. Je n’ai jamais imaginé que je pouvais passer plus d’un an sans pratiquer ce que j’aime le plus au monde. Mais heureusement, j’ai pu bénéficier du soutien de ma famille, de mes coéquipiers, de mes coaches à Saint-Etienne. Leur soutien m’a donné la force de tenir et de revenir encore plus fort.

Pendant votre convalescence, avez-vous eu peur de ne pas pouvoir reprendre votre carrière ?

Pas  vraiment. Du moment où le chirurgien m’a rassuré, je n’avais plus de crainte. Certes, j’étais victime d’une très grave blessure, mais je n’ai pas eu peur pour la suite de ma carrière. J’ai fait confiance au médecin.  Une fois que j’étais guéri, le reste était de mon ressort. Il me revenait de travailler dur pour retrouver les terrains. Dieu merci, j’ai pu me remettre et tout s’est ensuite bien passé après mon retour. Quand je suis revenu, tout le monde était content de me revoir.

N’avez-vous pas senti d’appréhensions lors de vos premiers matches ?

Non, non. Mon coach m’a même demandé si je n’avais pas peur de mettre la tête lors des duels. Je lui ai dit non. Quand je suis seul, il m’arrive de penser à ce qui m’est arrivé. Je suis conscient que j’ai failli mourir. Mais une fois que je rentre sur le terrain, j’oublie tout.  Ma blessure et tout ce que j’ai vécu comme souffrance, relèvent désormais du passé.

Comment entrevoyez-vous la suite de votre carrière à Saint-Etienne ?

J’ai la confiance du coach, de l’encadrement technique et des dirigeants. Je vais continuer de travailler dur pour me faire une place au sein de l’équipe. Mon ambition est de m’imposer à Saint-Etienne qui fait partie des grands clubs français et européens. Je veux apporter beaucoup à Saint-Etienne et m’inscrire dans l’histoire de ce club fabuleux.

Vous n’êtes pas tenté d’aller gagner du temps de jeu ailleurs pour vous aguerrir ?

Franchement, je n’ai pas envie de bouger de Saint-Etienne. C’est ici que je veux gagner du temps de jeu. Je sais que si je travaille comme il le faut, je gagnerai ma place ici et être un joueur important de l’équipe.

Maïga a disputé son premier match en Ligue 1 contre Bastia

Sinon, y a-t-il un Championnat que vous aimerez découvrir ?

Pour l’instant, j’ai la chance d’être dans le championnat qui me plait. Mon championnat préféré est le championnat français. Et mon cœur est vert. Mon cœur ne bat que pour les Verts.

Vous êtes l’un des piliers de la sélection Espoirs ivoirienne. Vous vous êtes fixé un laps de temps pour connaitre l’équipe A comme vos camarades de promotion que sont Franck Kessié et Angban ?

Sachez que je suis content de voir mes amis avec l’équipe A. C’est même une fierté pour moi. Mais à mon niveau, je ne me suis pas fixé de deadline. Si je travaille bien en club, cela va forcement arriver un jour ou l’autre. Mais soyez sûr que je travaille dur pour que ce soit le plus tôt possible.

Vous n’étiez pas à la CAN 2017, mais est-ce que vous faites une projection sur la CAN 2019 ?

Quand on est footballeur africain, on a forcement envie de disputer une CAN dans sa carrière. Mais la vérité vient de ce qu’on réalise dans nos clubs. J’aimerai bien être à la prochaine CAN, mais je dois d’abord m’imposer dans mon club. Si je suis titulaire en club, je peux alors penser à l’équipe nationale.

Pour ceux qui vous découvrent, pouvez-vous revenir rapidement sur votre parcours ?

Je suis né à Gagnoa (dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire, ndlr). C’est dans cette ville que je suis allé à l’école et tapé dans mon premier ballon. C’est là-bas que j’ai tout fait dans mon enfance et que tout à commencé pour moi. C’est plus tard que je suis arrivé à Abidjan pour le football. J’ai été formé à Ivoire Académie avec laquelle j’ai connu la Ligue 2 ivoirienne. C’est d’Ivoire Académie que j’ai été repéré par l’AS Saint-Etienne. Voilà, c’est tout mon parcours.

Réalisée par Abdoul Kapo




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